8 Mars 2025
Journée internationale des droits de la femme
LA TERRE A TREMBLÉ
Chaque année de ma vie d'adulte, cette journée hautement symbolique a été l'occasion d'éveiller ma conscience, d'éclairer mon ignorance, de réapprendre l'abîme qui sépare le confort d'être une femme et celui d'être un homme. Chaque année, j'ai senti la colère et le désespoir monter et finir en un « Put... de bor... de mer..., quand est-ce que la petite moitié de l'humanité (48%) arrêtera de faire chi...la grande moitié qui l'enfante ? ».
Et chaque année, petit à petit, j'ai repris le cours de ma vie, laissant redescendre la pression, sacrifiant mon énergie guerrière sur l'autel des habitudes, comme on abandonne le deux janvier ses bonnes résolutions du premier. J'ai mis des points de suspension à mes jurons et fait taire la lionne qui avait tout juste commencé à rugir. Ma conscience s'est rendormie, la lumière s'est dissipée et, finalement, je n'ai plus rien vu, tout est « redevenu normal ».
Mais hier, la terre a tremblé.
Hier, quelque chose m'a arrachée à la désinvolture fugitive avec laquelle je considérais habituellement le sujet, et m'a remis brutalement les pieds sur terre.
J'ai senti la terre trembler au son des chants de mes sœurs, place de la Pylaie.
J'ai senti la terre trembler au son des sabots des sardinières bretonnes en grève, durant l'hiver 1924 (un siècle tout juste).
J'ai senti la terre trembler quand Lulu (« Lulu femme nue ») est tombée sous la gifle de son mari.
La terre a tremblé sous mes pieds et m'a « secoué le coco » comme dirait Christina. Depuis, des questions me taraudent :
Me suis-je autorisée toutes les alternatives ?
A côté de quelles opportunités suis-je passée sans les avoir seulement considérées comme possibles ?
Me suis-je autocensurée ?
Qu'ai-je loupé ?
Je pense être une femme libre et avoir vécu selon mes choix mais, est-ce vraiment le cas ?
Je ne peux pas changer le passé mais je peux nourrir, protéger et chérir la lionne en moi. Avec ma petite fille intérieure, ça commence à faire du monde dans ma tête mais quand on aime, on ne se compte pas !
PS: Google est un sacré sexiste !
Merci au chœur de femmes qui nous ont ravies, place de la Pylaie samedi, et à Anne-Sophie de la librairie "A contre courant" (Ile d'Yeu) pour sa lecture à La Fabrique.
"Lulu femme nue" film de 2013 , réalisatrice Solveig Anspach, d'après la BD de Etienne Davodeau.


Les mots qui glissent sur la feuille vierge, dévoilent l'être sensible et profond, forte qui se cache derrière toi, délicate et pudique.
RépondreSupprimerTrop gentille Marie ☺️🙏
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